Marqué par l’expression non verbale, le cinéma d’Andreï Tarkovski a la spécificité de gestes de ses personnages. Qu’est-ce que la lévitation ? C’est un geste libéré du poids de la pesanteur. Ce geste peut servir d’emblème à la démarche du cinéaste russe. Gestes et corps frappés par l’apathie chronique, ils demandent au gros plan le dernier secours. Depuis « Andreï Roublev » (1966), jusqu’au « Sacrifice » (1986), en passant par « Stalker » (1979) et le sublime « Nostalghia » (1983), les films de Tarkovski prolongent le mutisme des visages par la durée silencieuse des gestes filmés en plan-séquences. Vecteur de sens, la portée du geste chez Tarkovski est plutôt métaphysique. Ce vendredi, à 15h.
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