50 ans …et ça tourne encore!

Les Journées Cinématographiques de Carthage, soufflent leur cinquantième bougie. Quelques décennies de pellicules d’un festival qui a toujours parlé de son époque dans lequel la caméra se fait témoin de l’histoire et de l’actualité et où les films révèlent les préoccupations des auteurs et sortent des conventions. C’est un festival qui a grandi, qui a pris de l’ampleur et de l’assurance et continue à gagner un peu plus de liberté à chacune de ses éditions. C’est un festival qui a joué un rôle important dans l’édification de la Tunisie moderne et a contribué à l’émergence de nouveaux talents et au développement du goût des citoyens, outre la sensibilisation aux grandes questions de la société et aux préoccupations des citoyens en Tunisie, en Afrique et dans le monde arabe.

À des moments où la colonisation évacuait toute forme d’expression nationale, il a aussi été en Afrique un moyen parmi tant d’autres qui ont participé à l’épopée de la libération des pays colonisés et à l’œuvre de civilisation que ces pays ont connue. C’est aussi un festival qui a poussé les hommes, qui ont vite épousé le septième art, à lutter contre le phénomène d’acculturation et à jouer un rôle important dans la préservation de l’identité nationale. Au fil de cinq décennies, l’on peut s’enorgueillir d’avoir compté parmi nos cinéastes tunisiens, arabes et africains, des hommes illustres qui ont façonné l’industrie du cinéma qui joue désormais dans la cour des grands.

Certes, les JCC ont parfois connu quelques vicissitudes, mais leur parcours garde une cohérence, donnée en grande partie par la sagesse de ses fondateurs visionnaires. Mais aujourd’hui les JCC ont besoin d’un nouveau format, d’une nouvelle structure et d’une autre vision afin d’afficher de nouvelles ambitions, et elles sont nombreuses, et de faire face aux nouveaux défis, et ils sont multiples. Il est vrai que l’emprise de l’État sur la manifestation pendant des décennies, a laissé ses traces sur les JCC. Il n’empêche, les responsables institutionnels et les acteurs de la société civile culturelle ont conscience des problèmes et des besoins du festival et travaillent de concert pour apporter leur contribution à la construction des nouveaux JCC afin qu’ils demeurent l’événement artistique le plus convoité en Afrique et dans le monde arabe et le plus important en nombre de participants. C’est un festival qui a besoin d’une indépendance et d’une stabilité qui aide dans la décision.
50 ans après Aujourd’hui plus que jamais la question de l’autonomie des JCC est à l’ordre du jour.

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