Une rencontre-débat avec Héla Ouardi, auteure de l’ouvrage ‘‘Les derniers jours de Muhammad’’, se tiendra le vendredi 6 mai 2016, à 15h30, à la Bibliothèque Nationale, à Tunis.

La librairie El Moez sera présente pour la vente des livres.

La rencontre est organisée par l’Association des anciennes élèves du lycée de la rue de Pacha (AALP) et la Fondation tunisienne Femmes et Mémoire (FTFM) et l’ouvrage, paru en mars dernier chez Albin Michel, en France, sera présenté par notre consoeur Noura Borsali.

Dans cet ouvrage de 368 pages, l’essayiste tunisienne Hela Ouardi reconstitue, sources sunnites et chiites à l’appui, l’agonie et la mort du prophète, le 8 juin 632 à Médine.

La guerre pour la succession a, en fait, commencé bien avant que les paupières de Muhammed ne se referment, mais l’atmosphère lourde décrite par Hela Ouardi annonce le sang des guerres intestines à venir, et les schismes au sein de l’islam.

En effet, au fil de ce récit au jour le jour de l’événement le plus mystérieux dans l’histoire de l’islam, l’universitaire tunisienne révèle un autre visage du Prophète, celui d’un homme menacé de toutes parts, affaibli par les rivalités internes et par les ennemis nés de ses conquêtes. Tout est entrepris pour qu’il ne laisse aucune directive claire sur sa succession. Ses compagnons s’engagent dans une lutte pour le pouvoir et son clan se déchire, ouvrant la voie à des guerres meurtrières qui ensanglantent encore notre monde aujourd’hui.

Dans cette reconstitution chronologique inédite, Hela Ouardi oppose aux mémoires idéologisées le portrait d’un homme rendu à son historicité et à sa dimension tragique, fidèle en cela à la démarche du grand historien Hichem Djaït dans son ouvrage de référence ‘‘La Grande Discorde’’.

Selon l’auteure des ‘‘Derniers jours de Muhammad’’, «le prophète de l’islam subit de nombreuses épreuves à la fin de sa vie : il perd son seul fils, qu’il adorait; il subit des échecs militaires contre Byzance, ce qui affaiblit son autorité auprès des musulmans. Il tombe alors gravement malade, et on lui désobéit, on l’empêche d’écrire son testament, on lui administre des médicaments à son insu… Après sa mort, sa fille Fatima sera violentée et mourra, dit-on, des suites de cette agression. Elle sera aussi déshéritée. Son époux, Ali, sera nommé Calife, mais finira assassiné et leurs enfants seront massacrés. On peut donc parler d’une tragédie» (Entretien avec ‘‘Le Point’’).

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