Chers amis,

-Vendredi 22 Avril, à 17h, les journalistes Olfa Belhassine et Hédia Baraket nous présenteront leur livre, « Ces nouveaux mots qui font la Tunisie », paru aux Editions Cérès.

-Samedi 23 Avril, à 17h, Rabaa Abdelkefi nous parlera de son dernier roman paru chez Sud Editions, « Gandhi avait raison »
Nous aurons le plaisir d’écouter quelques passages lus par François Bussac , la modération se fera avec notre cher Fathi Ben Haj Yahia.

Amitiés

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Les livres:

Olfa Belhassine & Hédia Baraket
Les mots sont une matière chaude et avérée. Il n’y a rien de plus fiable que ces fragments d’histoire pour tisser le fil des évènements d’une autre Tunisie, la nôtre aujourd’hui, née à l’aube de la deuxième décennie du XXIe siècle.
Al-thawra/révolution, azlâm/caciques, i‘tisâm/sit-in, khabîr/expert, infilât/ dérapage, qannâs/sniper, islâm siyâsî/islam politique, takfîr/accusation d’apostasie, mouâmara/complot, ‘ilmânî/laïc, tawâfouqât/consensus, mra tounsiya/femme tunisienne, houmani, l’incontournable Dégage !…
Un corpus de plus de 60 mots, concepts, notions, expressions ou slogans, choisis selon leurs occurrences, leurs résonances, leur impact, leur durée de vie. Façonnés dans la fusion, l’impatience, la liberté, l’impasse ou la peur, souvent affûtés comme des armes, lancés comme des ballons d’essai ou déployés comme des stratégies, ils ont été captés dans leurs cheminements cahoteux.
Les auteures livrent ici un travail d’enquête autour de chaque mot, reconstituant son origine, sa trajectoire, son interlocution, ses référents et les affrontements qu’il accompagne ou génère. Une exploration passionnante qui les a menées sur des pistes inattendues. Plusieurs terrains ont été sillonnés, de nombreuses sources sollicitées et une cinquantaine de personnalités interrogées.
Ailleurs, aux pays des «Printemps arabes», c’est souvent la guerre. Ici, c’est la libre expression, l’invasion des mots, l’affrontement des sens à l’intérieur des mots, le combat de chaque mot pour s’imposer. Des mots pour dire l’histoire en cours, pour ne pas oublier, pour franchir le cap.
Une œuvre de réflexion et de terrain, une enquête remarquable menée avec brio par Hédia Baraket et Olfa Belhassine, deux journalistes qui comptent parmi les plumes les plus belles et les plus percutantes de leur génération.
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Rabaa Abdelkefi, « Gandhi avait raison »:
L’obscurité emplissait maintenant la cellule. Mokhtar souleva les bras et eut l’impression de toucher le plafond. Il essaya en vain d’allonger les jambes, de se lever, de faire un ou deux pas, mais la geôle semblait rétrécir d’une seconde à l’autre! Ses murs allaient se refermer sur lui ! Une peur panique, irrationnelle, le saisit. Il hurla si fort que le gardien, qui dormait assis sur une chaise, tout au fond du couloir, arriva en courant.
Une vive lumière l’aveugla, des coups de brodequins s’abattirent sur sa tête. Il sombra dans une semi-inconscience.
La flamme d’une lampe à pétrole vacillait, un enfant l’observait, fasciné par sa danse lascive. Un homme vint le tirer par les cheveux, lui approcha le visage de la lumière et lui dit sans desserrer les dents: « Je déteste ta blondeur, mon fils, mon pauvre fils. Tu ressembles à cette flamme qui se tortille! »
Le gardien lui administra une dizaine de gifles et mit fin à son rêve. « Réveille-toi, abruti ! Arrête ton cirque, mauviette ! Allez, debout et en vitesse ! »

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