…Re)penser le féminin) « 

التي ينظمها المعهد العالي للعلوم الإنسانية بتونس أيام 14، 15، 16 أفريل 2016 بمقر المعهد بتونس العاصمة.

Université Tunis El Manar : Un congrès mondial à l’ISSHT invite à repenser le féminin

C’est une autre rencontre internationale et non des moindres, du 14 au 16 avril 2016, à l’Institut Supérieur des Sciences Humaines de Tunis (Université Tunis El Manar), comme on en organise souvent dans cet établissement dont le rayonnement va de plus en plus croissant à l’échelle internationale. C’est le Deuxième Congrès Mondial du Département de français qui ouvre les débats et la pensée sur la façon de « (re)penser le féminin », une question essentielle qui semble de plus en plus liée à l’édification des modèles de sociétés et à leurs configurations civilisationnelles.

Le titre pose déjà, par ses parenthèses, la dualité de la question : s’agirait-il de penser le féminin ou de le repenser ? Les idées et les positions se démarqueront sans doute et souffleront alors comme un vent de tension qui animera les discussions. En tout cas l’argumentaire du colloque le souligne bien dans son appel à communications.

« Catégorie problématique dans l’organisation des champs symboliques, le féminin a du mal à s’imposer comme force réelle, créatrice de propositions nouvelles et à se libérer du carcan de la féminité qui l’enserre depuis des millénaires. D’Aristote qui l’assimile au froid et à l’humidité, aux surréalistes qui l’élèvent aux sphères éthérées de l’absolu, aux théoriciens du XIXème siècle qui s’approprient « l’Eternel féminin » et lui donnent force de loi « naturelle », le féminin demeure pris dans les grilles de l’imaginaire et des classifications pseudo-scientifiques qui le subliment et l’excluent, le vénèrent et le statufient. Pourtant la situation de la femme s’est nettement améliorée depuis le XXème siècle notamment avec les réalisations scientifiques et les différents travaux sur le genre qui se sont multipliés dans les différentes disciplines (littérature, cinéma, histoire, philosophie, sociologie, linguistique, anthropologie etc.) où la voix féminine s’est plus ou moins posée.

Néanmoins, la plupart de ces approches essentiellement descriptives, focalisées sur des études de cas et fondées sur des concepts pris à l’intérieur de la discipline, n’ont pas été en mesure de rompre avec les vieux paradigmes, ni même d’ébranler les mentalités.  Par ailleurs, de par leur nécessaire passage par le militantisme, les études féministes se sont considérablement éloignées du cadre de la recherche au point de faire du féminisme une notion piège (F. Brugère). Exploité à outrance, le concept semble avoir perdu sa valeur heuristique. D’où la nécessité, aujourd’hui, de dévoiler les présupposés théoriques et de fustiger les artifices idéologiques, de « défaire le genre » (Judith Butler), d’y apporter un regard neuf qui dépasse la binarité des sexes, les divisions, la différenciation, la classification, de découvrir de nouvelles pistes de recherche et d’encourager enfin les « singularités novatrices » qui font du féminin un processus et/ou une expression en construction qui se réalisent non seulement à travers des structures discursives mais aussi à travers un ensemble de systèmes de représentations. »

A part la séance d’ouverture, rehaussée par l’allocution du président de l’Université Tunis El Manar, Pr. Fethi SELLAOUTI et marquée par la proclamation des prix du concours d’écriture organisé pour les étudiants, à l’occasion, à part aussi la séance de clôture ainsi que la table ronde d’écrivaines et artistes femmes, les trois jours du colloque verront se succéder 37 communications, les organisateurs en ayant écarté autant pour des raisons organisationnelles, selon la coordonnatrice du congrès et directrice du département, Mme Halima Ouanada. Elles seront données par des chercheurs venant d’Algérie, de la Côte d’Ivoire, d’Egypte, de France, du Maroc et de Tunisie (universités de Gabès, Monastir, Tunis, Tunis El Manar).

Un grand moment de débat intellectuel en milieu académique, à même de nourrir la dynamique des échanges et de la communication dans le respect de la différence et la richesse de la diversité.

A G

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